1. La porcelaine n’existe pas à l’état naturel.


En réalité, c’est une pâte conçue par l’homme à partir de trois roches principales: le kaolin à hauteur de 50%, la pegmatite orthose (feldspath) et le quartz.

Anais Chappron à l'atelier

2. Elle se présente sous plusieurs formes.


La porcelaine peut être soit malléable comme une pâte à modeler, soit entièrement liquide.

La pâte « plastique » est celle qu’on peut modeler à la main. Grâce à sa texture molle, on peut la travailler de beaucoup de manières: au tournage, à la plaque, par estampage,…

La pâte liquide quant à elle se nomme « barbotine ». On coule la terre dans des moules en plâtre qui viennent absorber l’eau contenue dans le mélange. Après quelques minutes, une fine couche d’argile se forme, il faut alors vider l’excédent de barbotine puis attendre encore quelques minutes pour détacher son modèle du plâtre.

Malgré l’apparente fragilité qui se dégage des pièces fabriquées en porcelaine, elle est la terre la plus résistante face à une pièce de la même épaisseur en faïence ou en grès. Les craintes quant à sa fragilité ne sont donc que des a priori !

Tasse en porcelaine

3. La porcelaine et ses trois spécificités : réduction, translucidité et mémoire de forme.

 

– L’une des caractéristiques de la porcelaine qui frappe lorsqu’on sort une pièce du four est son fort retrait. Cette terre réduit d’environ 14% à la cuisson: il faut donc penser à réaliser son objet beaucoup plus grand que la taille finale désirée!

– Une fois « vitrifiée », c’est-à-dire cuite à haute température entre 1250°C et 1280°C, la porcelaine travaillée très finement est translucide. Délicate et raffinée, il est donc possible d’en faire toutes sortes d’objets dont des luminaires par exemple.

– La porcelaine est la terre la plus difficile à travailler. En apparence douce et précieuse, elle n’en est pas moins capricieuse et intransigeante. Elle a tendance à s’affaisser à la cuisson et à se déformer, se souvenant du moindre faux geste infligé pendant sa fabrication. Les céramistes parlent de sa « mémoire de forme », mais c’est surtout une mémoire de « déformation » ! La moindre manipulation peu précautionneuse se verra sur le résultat après la cuisson.

Tasses en porcelaine
Tasses en porcelaine

 

La porcelaine, cette matière exigeante.

 

La porcelaine est donc une matière fascinante qui propose de nombreux défis à relever pour les professionnels, mais qui peut s’avérer un vrai casse-tête pour les novices. Lorsqu’elle est apprivoisée, sa blancheur et sa finesse en font un support d’expression idéal pour les céramistes !

Tasses en porcelaine